Bonjour à toutes et tous,

J’espère que ces quelques mots vous trouveront en joie, malgré le passage un peu douloureux à l’heure d’hiver. Pour ma part, j’apprécie le mois de novembre depuis quelques années, car le spectacle coloré dans la forêt se prolonge toujours plus malgré la brièveté du temps de lumière du jour.

Le prochain roman est en route, j’y travaille tranquillement mais assidûment. Je me montre plus discrète pendant cette période d’écriture. J’aime l’idée que la vie d’une romancière alterne moments sociaux et moments de concentration active, donc plus solitaires par définition. Par chance, je continue à animer occasionnellement des ateliers d’écriture, à rencontrer des classes qui lisent l’un ou l’autre de mes livres ou à co-écrire avec des artistes dont le travail me touche.

Ateliers d’écriture

Après les feuilles des arbres en automne, évidemment que celles de nos cahiers m’importent beaucoup ! Les couleurs s’installent davantage dans les mots, et c’est tout ce que j’adore : parvenir, par des graphèmes, à suggérer des univers dans les esprits… Dans un tout prochain article, je partagerai avec vous (avec l’autorisation de leurs auteurs et autrices, bien évidemment), quelques extraits de textes d’ateliers d’écriture. C’est une joie immense de voir des crayons s’agiter sur le papier et de sentir la confiance s’installer chez les participantes et participants durant ces pauses créatives. Je ne dispense pas de formation professionnelle, c’est un fait. Je me contente d’aider à ouvrir des vannes, à oser poser des paroles sans crocher sur une concordance de temps ou sur l’orthographe d’un mot… et souvent, il en résulte de grandes émotions, des rires, des souvenirs, des larmes aussi. La sincérité est toujours au rendez-vous, que l’on parle de souvenirs d’enfance, d’humeurs de la montagne, ou que l’on se confronte à des œuvres d’art contemporain (si, si, ça fonctionne prodigieusement bien, de se frotter à ce qui nous dépasse, parfois.)

Si l’envie vous prend de participer à l’un de ces ateliers, voici les prochaines occasions d’écrire en ma compagnie :

Atelier d’écriture, Musée d’Art du Valais, J’peux pas, j’ai musée
5 décembre 2026, 11h à 13h, à Sion
Les Grandes Inspirations
Entrée libre, informations

Atelier d’écriture, Musée d’Art du Valais, J’peux pas, j’ai musée
2 janvier 2027, 11h à 13h, à Sion
Les Grandes Inspirations
Entrée libre, informations

Vernissage de Chouk

Depuis une année, j’ai le plaisir de travailler avec Lorène Quinodoz sur un nouveau répertoire de chansons en patois d’Evolène. Lorène prend soin des notes, et je cajole les mots. Cette belle harmonie aboutit sur le très prochain vernissage d’un CD, accompagné d’un charmant livret présentant les paroles en patois et leur traduction en français. Nous y avons mis tout notre cœur et beaucoup de joie, car il reflète une part de cette région qui nous a bercées. Le dimanche 15 novembre, toute l’équipe des musiciennes et musicien seront présents pour vous offrir un concert et un événement festif réunissant de nombreaux patoisants autour de cette sortie. Bien entendu, si vous n’utilisez plus de lecteur de CD, le livret propose également un lien de téléchargement pour que vous puissiez écouter ces dix chansons fabriquées avec amour avec le support qui vous convient le mieux !

Sur sa page Instagram, Lorène Quinodoz poste régulièrement de courtes vidéos, avec le petit sous-titrage qui permet de bien comprendre les extraits. Et même pour une locutrice ou un locuteur du patois, cette aide est plus que bienvenue, notre patois n’ayant pas d’écriture uniformisée. Moi-même, en écoutant certaines chansons en français, il m’est arrivé de tout comprendre de travers pendant des années. C’est l’effet Mondegreen, tout simplement. Et ça le mérite d’être très drôle, le jour où l’on prend conscience que notre cerveau a créé un sens différent (quand il y parvient) pour une information donnée, parce que les intonations en chanson diffèrent de celles que nous utilisons dans le langage parlé. La segmentation des mots en musique peut générer de sacrées surprises, nos neurones cherchant toujours le chemin le plus court vers une certaine logique !

Des exemples ?

Dans la chanson Belle-Île-en-Mer, Marie Galante, de Laurent Voulzy, les paroles sont : Loin Singapour, Seymour, Ceylan. On comprend souvent : Loin d’Singapour, c’est long, c’est lent.

Dans la chanson Il venait d’avoir 18 ans, de Dalida, les paroles sont : J’ai mis de l’ordre à mes cheveux. On comprend souvent : J’ai mis de l’or dans mes cheveux.

Certains exemples sont beaucoup plus cocasses ou coquins, mais je vous laisse convoquer vos propres souvenirs ! Ceux qui me font le plus rire proviennent de la confusion que j’ai pu entretenir avec certains raps pourtant clairement en anglais :

Dans Woop Woop, That’s the sound of da police, de KRS-One, j’ai toujours chanté : Woop Woop, Assassins de la police !

Dans Drop It Like It’s Hot, de Snoop Dogg, vous m’entendrez entonner : Trompette la guitare. (Allez-y à voix haute, vous verrez, cela fonctionne à merveille…)

Je vous souhaite une douce journée et espère vous rencontrer à l’une ou l’autre de ces occasions,

Marlène