Bonjour à toutes et tous,

J’espère que vous passez un bel été et que vous ne souffrez pas trop, ou du moins plus trop, de la chaleur. Qu’est-ce qu’il est bon de vivre en altitude, pendant ces phases caniculaires ! Pourtant, si le confort du sommeil et la douceur des soirées ressemblent à un cadeau dont nous sommes les privilégiés bénéficiaires, nous qui habitons la montagne, je ne peux m’empêcher de regarder la Dent Blanche devenir de plus en plus grisâtre, la gueule de chien du glacier du Pigne d’Arolla se transformer en moue d’éléphant et le sol jaunir en taches éparses. Planterons-nous bientôt des oliviers à La Sage ?

Je n’ai aucune leçon d’écologie à donner, je vis mon existence en me posant des questions, mais pas assez, en actant quelques gestes qui me semblent respectueux, mais au final, sont ancrées en moi tant d’habitudes et de nécessités cachées, que je me demande si je ne devrais pas juste disparaître pour rendre à la nature son éclat. Je m’avoue très fataliste sur ce coup-là, très résignée. Ce qui n’est pas dans mon caractère, pourtant…

Il y a quelques temps, j’ai reçu une invitation de la Maison des Alpes à m’exprimer dans le cadre de l’exposition temporaire Quand les montagnes glissent. Tête dure et hérensarde que je suis, je ne me suis pas montrée des plus avenantes au départ, mais au fil de la discussion, je me suis rendue compte à quel point ces interrogations pétrissaient ma peau et mes tripes, à la fois en tant qu’actrice du tourisme et écrivaine observatrice. Les discours croisés sur les transformations du paysage alpin et les dangers naturels sont à découvrir jusqu’au 17 octobre, à La Fauchère (Evolène).

Le 2 août à 15h, une table ronde sera organisée pendant le marché villageois de La Sage. Si la météo se montre capricieuse, nous nous replierons à l’abri, aux Haudères.

Peut-on encore habiter la montagne ?

Point fort de la programmation estivale de la Maison des Alpes, cette rencontre réunira des regards scientifiques, politiques, communaux et sensibles autour d’une question devenue centrale pour les territoires alpins : Comment continuer à habiter une montagne en mouvement ? Modération : Pascal Fauchère

  • Emmanuel Reynard, professeur à l’Université de Lausanne, spécialiste de l’aménagement de la montagne,
  • Virginie Gaspoz, présidente de la commune d’Evolène et présidente de la Chambre valaisanne du tourisme,
  • Joachim Rausis, président de la commune d’Orsières et président du Groupement des populations de montagne du Valais romand,
  • Bernard Debarbieux, professeur à l’Université de Genève, spécialiste des représentations et politiques de la montagne,
  • Marlène Mauris, écrivaine et présidente d’Evolène Région Tourisme.

Je propose également un atelier d’écriture le matin même, sur le thème Les humeurs de la montagne, de 9h à 12h. Merci de vous inscrire à marlene@lecroisillon.ch. Les places sont limitées à 10 participant-e-s. L’atelier est gratuit, en français, et il faut avoir 16 ans au minimum.

Je vous souhaite une douce journée,

Marlène