Bonjour à toutes et tous,
Avez-vous bien commencé votre semaine ? Je vous le souhaite ! Je vais tenter, pour ma part, de m’en tenir à mes exercices d’écriture rituels, avec mes petits contes quotidiens sur les réseaux sociaux et avec mes chroniques hebdomadaires sur cette page. Il y a ces influenceurs qui partagent leur routine sportive, leur routine beauté, leur routine santé, ou que sais-je encore ? Ma routine à moi s’écrit. Il n’est pas toujours facile de s’y tenir; la paresse serait si aisée. Je pourrais me cacher derrière un trop-plein de travail, mais au final, ma priorité dans l’existence, c’est d’écrire. Cette habitude est un plaisir, d’autant plus que je la sais lue. Merci à vous de recevoir mes mots, de les laisser entrer dans quelques instants de votre semaine… c’est un grand honneur !
Un après-midi à Mase
CHRONIQUE D’ÉPICIÈRE
L’épicerie n’est pas uniquement un lieu pour remplir son sac, son ventre ou le quart d’heure à tuer avant l’arrivée de la cousine avec le prochain car postal. L’épicerie est un lieu pour remplir son cœur. D’éphémères à durables, des amitiés merveilleuses se tissent depuis maintenant trois ans et demi. Des liens se sont noués, petit à petit, avec le temps, avec l’usage, avec ces paroles qui semblent superflues parfois, mais qui nous permettent d’une fois à l’autre de nous apprivoiser, de nous apprendre, de nous comprendre et parfois… de nous méprendre !
Hier, j’ai passé un long moment avec une jeune randonneuse irlandaise, épuisée par le soleil et par la frustration d’avoir perdu près de deux heures sur un chemin qui n’était pas le bon, pendant son périple de la Haute Route Chamonix – Zermatt. Nous avons parlé d’amour, de famille, de mort, de passion et de solitude. Oui, en une heure, il est possible de creuser assez profondément dans les idées, sans pour autant échanger de prénom. Quoique… nous avons essayé, mais nous n’avons compris ni l’une ni l’autre le nom de notre interlocutrice. Ces moments-là sont suspendus, magiques. Et quand le corps de cette femme ainsi que son téléphone portable ont retrouvé l’énergie nécessaire pour rejoindre la prochaine étape, nous nous sommes dit adieu, ravies d’avoir fait brève connaissance. Quelque chose de fort s’est produit, quelque chose de simple, de vrai… et de courte durée. Parfois, c’est une opportunité joyeuse aussi, que des êtres traversent notre existence le temps d’un sourire, tout juste. Cela redonne de la perspective. Cela rassure qu’il vive de telles personnes dans le monde. Pourtant, je me sais très bien entourée ! Cependant, il est fort agréable de savoir que d’autres « Marlène », sous d’autres cieux, rencontrent de précieuses personnes telles que cette îlienne. De la connivence, il y en a pour toutes et tous.
Il est des amitiés durables et indéfectibles, malgré le temps qui passe, les décisions qui divergent et celles qui rassemblent. Ces amitiés-là nous attachent, car elles nous importent. C’est riche et à la fois, c’est engageant et contraignant. Cela promet des larmes, car il faudra bien que l’un des deux quitte cette terre avant l’autre. Ces amitiés-là font que des personnes aimées et aimantes font des kilomètres absurdes pour vous acheter un bon morceau de fromage, juste par esprit de soutien.
Et puis il y a les amitiés qui se tissent, qui émergent grâce à un contexte communautaire, en l’occurrence l’épicerie. Soudain, ces liens s’extirpent de la bulle contextuelle et se permettent de vivre leur propre vie en dehors du magasin. Ça a été le très touchant cas de Jérôme, un client que j’apprécie grandement, humainement tout d’abord, mais qui m’a également fait découvrir son travail, que dis-je, sa passion, au fil des pains Bonne nuit et des tranches de viande séchées pour accompagner ses randonnées poétiques. Il y a quelques semaines, il m’a fait le plaisir de m’inviter à ses côtés pour l’émission « J’veux du Soleil » de la sémillante Manuella Maury, sur la Première. Je lui avais présenté mon amie chanteuse Sylvie Bourban, l’une de ces fois où elle travaillait sur mon pavé, en attendant que j’aie moins de clients pour coécrire des paroles de chansons. Cette amitié-là également était née entre eux. Il a souhaité la convier elle aussi à cette solaire rencontre radiophonique.

Sylvie, Jérôme et moi nous sommes retrouvés une petite heure avant l’émission à Mase pour partager un pique-nique derrière l’église. Nous avons échangé sur nos métiers, sur nos pleins et nos creux – petits et grands -, et nos familles, nos croyances. Jérôme nous a fait rire en nous annonçant « C’est la première fois que je partage mon pique-nique avec la personne qui me l’a vendu ! » Très vite nous avons réalisé que nous n’aurions pas besoin de fabriquer artificiellement le lien à l’antenne. Il était là, invisible et fort. Une réelle confiance, une joie à rire même du pire, sans se forcer pour se la jouer esprits joyeux et positifs.
Raphy Crettaz, adorable hôte, est venu nous arracher à nos contemplations par une blague de son cru, pour un petit café au Restaurant du Vieux Bourg, juste avant de nous lâcher dans la cuisine de l’animatrice. Le reste se résume finalement en écoutant l’émission, même si nous avons instantanément adjoint Manuella à notre complice amusement.
Merci Jérôme, tu es un grand musicien, mais tu es surtout un bonhomme… ou un bon homme. Ou les deux. En tout cas, ton amitié me touche ! Ton invitation m’a démontré que la vie est un tissu multicolore, qui pare la réalité de vérité !
Ce sont les moments où je suis profondément fière de ne pas être une épicière, mais d’être votre épicière.

Ce que femme veut, Dieu le veut !
PERLES DU QUOTIDIEN

– Bonjour, j’aimerais un grand pain blanc d’un kilo.
– Bonjour monsieur, les kilos, je ne les ai que sur commande. J’ai des livres en revanche !
– Ah, c’est embêtant, on est nombreux…
– Vous pouvez prendre deux pains d’une livre aujourd’hui. Et on réserve les kilos pour la suite de la semaine !
– Non, non, je prends une livre. Ma femme m’a dit de prendre UN pain.
M’est d’avis qu’il va prendre un pain, un autre…
Quoi de neuf dans la montagne ?
LE PROGRAMME DES CONCERTS DE LA SAGE

EXPOSITION AU RECTORAT DE LA SAGE
L’artiste Véronique Thiéry-Grenier est née à Paris et vit actuellement à Strasbourg. Elle expose son travail de peinture en France, en Europe, et souvent en Suisse.
L’exposition à La Sage, du 15 au 30 juillet 2023, est consacrée entièrement au thème de la montagne, où l’artiste séjourne fréquemment, en particulier dans le Val d’Hérens, depuis plus de 10 ans.
Il s’agit de donner forme à des émotions vécues en altitude, lors de randonnées en toutes saisons, à partir de souvenirs de l’aube, de changement de temps, de marches de jour ou de nuit.
Les peintures, essentiellement à l’eau sur papier, ont été réalisées de mémoire à l’atelier.
Elles n’ont pas d’identité géographique.
Ouverture tous les jours de 15h00 à 19h00

LA NAVETTE DES ALPAGES
Tous les mardis, du 11 juillet au 29 août, un bus navette est organisé en direction des alpages de Chemeuille (accès en télésiège depuis Lannaz) et de Mandelon. Là-haut, une randonnée panoramique facile d’environ 2h00 vous attend. Elle relie les deux alpages et leur buvette en offrant de sublimes points de vues sur la vallée.
La navette des alpages viendra vous rechercher à l’alpage ou au pied du télésiège pour vous ramener à votre village de départ.
En savoir plus
Places limitées,
Inscription obligatoire au plus tard la veille à 12h00 en ligne ou auprès des offices du tourisme.

Passez une jolie semaine,
Votre épicière, Marlène
NB: Je suis humaine, je fais des coquilles. Si vous en voyez une et qu’elle heurte vos yeux, n’hésitez pas à me le faire savoir.