Bonjour à toutes et tous,
J’espère que vous allez toutes et tous bien et que vous avez passé un beau week-end. Vous dire que le mien était agréable serait un euphémisme… il était fantastique ! J’ai tout simplement adoré ces deux derniers jours, qui m’ont permis de vivre avec vous des échanges et des rencontres inoubliables autour du solstice d’été des Lucioles. Un immense merci à Charlotte Parfois pour la musique, à Evolène Région Tourisme pour le matériel mis à disposition, à Patrick et Olivier pour avoir porté avec moi des choses diablement lourdes, sans diable, à Raphy Fauchère pour sa bienveillance tout au long de l’année et pour le vin pendant l’événement, à la Brasserie du Mont-Noble pour la leçon de tireuse à bières en altitude, sans pression aucune, à Sylvie de m’avoir rappelé de boire de l’eau tout au long de la journée – entre autres choses – et à toutes les participantes et tous les participants à la fête. C’était magique !
Derrière les montagnes
CHRONIQUE D’ÉPICIÈRE
Nous étions presque cent. Cent personnes assises dans un pré, dans le Vieux Village de La Sage. La vue sur le Pigne était sublime, le soleil généreux jusqu’à la dernière minute, rasant les crêtes, comme pour savourer chaque note de guitare électrique et chaque battement de percussion. Les grillons s’en sont donnés à cœur joie également, manifestant la toute puissance de la nature sur la culture. Le moment était suspendu, je l’ai savouré et j’espère que vous aussi. Il me semble bien que oui… Pour celles et ceux qui n’ont pas pu venir, je vous raconterai tout ça avec joie à votre prochain passage à l’épicerie.
Je me demande souvent, juste avant le début de l’un ou l’autre des événements des Lucioles, pourquoi donc déployer autant d’énergie pour organiser ces solstices et équinoxes à La Sage. Et dès que vous arrivez, jusqu’au moment où le dernier d’entre vous s’en va, là, je me rappelle des raisons – et des saisons – qui me poussent à organiser ces rencontres lumineuses autour de la musique ou de la littérature. Que c’est bon de se retrouver, de faire connaissance, de partager, en dehors du magasin ! Que c’est bon de voir se mélanger les générations, les curiosités, les intérêts, les provenances, en étant tout simplement presque cent personnes, assises dans un pré, à écouter des chansons, boire un verre et regarder le soleil s’enfuir du côté des Alpes bernoises.
J’ai travaillé une dizaine d’années dans le milieu de la culture et de l’art. J’ai vu des centaines de concerts, de spectacles, de performances. J’ai participé à des premières et à des vernissages, à Sion, à Zurich, à Francfort ou à Venise. C’était d’une classe, vu de l’extérieur. J’ai aussi discuté de longues heures autour de grandes tables de réunion avec des interlocuteurs très diplômés et très inspirés sur les questions de cohésion sociale grâce à la culture. On m’a même un peu forcée à qualifier la culture qui se déployait en dehors des grands centres de périphérique. Nous avions des projets, nous élaborions des études de faisabilité sur la manière dont l’art se partage, sur la manière de faire cohabiter l’art et l’économie, l’art et le tourisme, l’art et l’école, l’art et ceci, l’art et cela. Certaines théories étaient tout à fait engageantes, voire encourageantes. Mais d’autres me semblaient aussi très condescendantes, très réductrices et peu ancrées, à mon sens, dans la réalité du quotidien des citoyens, dans toute leur diversité. Bref, dans la réalité des vivants. Je ne prétends pas avoir résolu la question de la médiation culturelle, de la démocratisation artistique ou de l’accès à la culture par toutes et tous. Mais je me félicite, avec Les Lucioles, de voir des enthousiastes se laisser prendre au jeu d’une lecture, d’un concert, d’une découverte, sans avoir la moindre idée de ce qu’ils ou elles vont voir ou entendre. Vous me soutenez entièrement quand je fais jouer un groupe de blues dans une chapelle, quand je vous fais marcher à travers champs avec une conteuse ou grimper sur la colline Saint Christophe pour entendre du cor des alpes dans sa version la plus contemporaine, ou encore quand je vous fais courir dans le Vieux Village pour vous laisser surprendre par un Patrick Fellay magistral qui donne des coups de pieds dans son micro ou encore pour croquer dans un grain de poivre du Cambodge, un dimanche à 11 heures. Votre confiance me touche ! Le lien qui se tisse entre nous remplit de simple joie de vivre ! C’est la raison qui me pousse, profondément, à vivre à La Sage: profiter de cette énergie, pour fabriquer ensemble des moments inoubliables ! Si un jour je me décourage, rappelez-moi ces bons moments et je m’y remettrai, sans trop me faire prier…


En voyant cette image du concert, je me suis souvenue qu’au-dessus de mon canapé, chez moi, trône un magnifique livre que j’adore, qui s’appelle « Hinter den Bergen« , que m’avait offert mon colocataire de Zurich. Rassurez-vous ! Nul besoin de savoir l’allemand pour pouvoir le lire, puisqu’il s’agit d’un livre de photographies, dans lequel Lois Hechenblaikner met en scène des images d’un temps passé en corrélation avec des images contemporaines sur le tourisme de masse. Ce qui me rassure grandement est de savoir que nous sommes bien loin de ce type de tourisme-là. Nous avons encore amplement le temps de faire connaissance, de nous fâcher et de nous réconcilier. Authentiquement. Pour une fois que le terme n’est pas galvaudé. Gardons cette qualité-là, cette friction ! C’est l’une des raisons probablement qui me pousse à ne pas faire de nos petites rencontres des Lucioles un Woodstock alpin. Restons dans de petites configurations heureuses et simples. Mais pour l’amusement, je vais quand même mettre ces deux images en parallèle…
D’ailleurs, les jolies brebis de Marie vous saluent, ainsi que son Patou (oui, regardez bien l’image…). J’en profite pour vous informer que ces charmantes demoiselles s’apprêtent à rejoindre leur alpage, sous la garde attentive de Cyprien, le berger de Chemeuille. Il en résulte donc que les laitières seront bientôt taries et donc les petits brebis frais de Marie, ça finit tout bientôt.
Nous étions presque cent. Pas un de plus. Nous aurions pu, et que c’est gratifiant le succès. Ça flatte l’ego… Mais cent, c’était parfaitement parfait. Pour garder le lien, pour garder la joie intacte, pour garder l’opportunité d’être ensemble sans trop d’emphase et de prétention, restons moins de cent.
Les chiens savent-ils lire ?
PERLES DU QUOTIDIEN

– Tu feras moins la maligne sur Internet, cet été, quand ce sera plein de monde ! Là t’as tout le temps d’écrire tes cintreries.
– Tu sais quoi ? Je crois que je ferai encore plus ma maligne avec mes cintreries. Mais je les écrirai le soir, voilà tout.
En attendant, j’écris sur des bidons !
Quoi de neuf dans la montagne ?
LA TRADITION DES MÉLANGES ET LES INALPES
Au printemps, les vaches sortent de leur étable et s’affrontent instinctivement pour définir leur Reine.
En juin, la montée du bétail dans ces différents alpages donne lieu à des cortèges et à des fêtes hautes en couleur et les luttes entre les vaches des différents troupeaux sont impressionnantes !
La meilleure guidera le troupeau jusqu’à ce qu’une autre la détrône. C’est au dernier jour de la saison, à la désalpe, que la vache la plus forte sera déclarée Reine de l’Alpage.
Alpage de l’Etoile (Les Haudères)
Samedi 24 juin dès 9h00 (à confirmer)
Alpage de Chemeuille (Evolène)
Samedi 24 juin dès 16h00 (à confirmer)
Alpage de Novelett (La Sage/Villaz)
Samedi 24 juin dès 9h00 (à confirmer)
Je n’ai pas eu le courage, cette semaine, de vous détailler davantage d’actualités. Mais le coeur y est.
Excellente semaine,
Votre épicière, Marlène
NB: Je suis humaine, je fais des coquilles. Si vous en voyez une et qu’elle heurte vos yeux, n’hésitez pas à me le faire savoir.